Richard Texier - Biographie

Richard Texier développe son œuvre, souvent monumentale, tant en sculpture qu'en peinture.

Né à Niort en 1955, Texier passe ses hivers dans le Marais poitevin et ses étés aux Sables-d’Olonne, où ses parents tiennent un bazar.

La traite d'une vache en fin de journée est à l’origine, à l’âge de 9 ans, de sa vocation artistique. Le lait de deux bidons renversés par l’enfant mêlé aux eaux noires d'une conche forme comme une voie lactée. Cette image déclenche son envie de créer :

"Je suis peut-être devenu sculpteur ce jour-là en pressant méthodiquement les tétines des vaches. Mes œuvres récentes doivent un peu à cette activité gélatino-érotique. Le mystère sensuel de la mécanique des fluides inspire toujours l’activité mentale des artistes".

L’océan est un des thèmes centraux de son inspiration. Jusqu’en 1989, il utilise dans ses œuvres divers objets récupérés sur le littoral (zinc corrodé, bois flotté, fer rouillé, débris et fragments). Après des études primaires à Niort, il découvre l’art en classe de sixième grâce aux Lagarde et Michard où un tableau d’Yves Tanguy, "Jour de silence", le conforte dans son appétit de peindre.

Richard Texier est un "traumatisé de l’espace" comme il aime à se définir. Son besoin de grands espaces terrestres de création rejoint le nomadisme dont il se réclame. Sa peinture parle du monde, du cosmos, de la difficulté de chacun à se repérer dans la complexité de l’univers : "Peindre, c’est brasser la matière du monde, c’est enfoncer deux mains dans la jarre de l’univers et chatouiller le mystère du monde". La toupie, présente dans presque tous ses tableaux, incarne la mobilité de toute chose.

1967, se passionne pour les expériences surréalistes et réalise ses premières peintures, puis s’installe à Paris pour étudier l’architecture, fréquente les musées assidûment, découvre la peinture primitive et flamande.

1976, part pour les Etats-Unis, mais conserve à Paris un atelier jusqu’en 1983.

1977, un an après sa thèse d’architecture, rédige "Constructions d’après nature".

1981, soutient sa thèse de doctorat d’arts plastiques, "Lune" et "Paysage", et obtient la mention "Très bien".

1985, organise sa première exposition itinérante dans quatre musées français. Le Fonds national d’art contemporain de Paris acquiert pour la première fois une de ses œuvres.

1988, l’État français lui commande une œuvre monumentale sur les Droits de l’Homme. "La suite des Droits de l’Homme", à l’époque la plus importante commande de l’Etat passée à la manufacture royale d’Aubusson, comprend sept tapisseries dont le tissage est exécuté à la main par 67 maîtres-lissiers pendant sept mois.

1991, adopte une technique plus sauvage, peint une suite d’œuvres sur isorel calciné et papier bitumé : matériaux qu’il maltraite, griffe et déchire. Un an après, sont exposées pour la première fois à Paris ses sculptures composées d’objets mythiques en bois, en tôle rivetée, en bronze et en cordage de chanvre. Il tient aussi un atelier nomade au Pavillon de la Culture à Moscou.

1994, réalise sa première sculpture monumentale en bronze "Toupie nomade", puis, l’année d’après, "L’invention du monde, Machines à éclipses, Mécaniques à lorgner" (pièces murales et sculptures de petits formats avec des objets d’usage détournés, assemblés au bronze, plomb, bois et verre).

1996, l’État français lui commande trois tapisseries monumentales.

Depuis 2000

2002, peint et séjourne à New-York, puis un atelier nomade de trois mois l’embarque au phare de Cordouan en tant que peintre officiel de la Marine.

2004, Il réalise l’épée académique de son ami Zao Wou-Ki.  Atelier nomade à Shanghai. Accueil fervent en Chine où il réalise d’immenses sculptures et peintures notamment  Esprit du temps , sculpture monumentale pour la plus grande avenue de Shanghai.

2007 à 2013, nombreuses expositions en Asie. Hong Kong, Shanghai, Rangoun.

2013 Installation de 11 sculptures monumentales sur Orchard Road à Singapour.

2015, Gallimard publie "Nager" de Richard Texier puis, en 2017 sa fiction "Le Grand M", suivi en 2018, toujours chez Gallimard de  "Zao" où Richard Texier dévoile son amitié avec Zao Wou-ki : de leur rencontre au Maroc, au début des années quatre-vingt-dix, jusqu’à la mort du peintre chinois en 2013.Installation de "Angel Bear", sculpture monumentale devant la gare du Nord de Paris.

2018, Publication du "Manifeste de l'Elastogenèse" aux éditions Fata Morgana. Tournage d'un documentaire sur l’artiste et son concept de l’"Elastogenèse".

2019, Présentation à Paris, galerie Downtown, d'une sélection de sculptures du quotidien issues du bestiaire créé par l’artiste depuis plus de trente ans. Publication par Gallimard de "L'Hypothèse du ver luisant".

2021, Édition avec Yoyo Maeght d'une estampe.