Série - Arbres et forêts dans l'art

1874 Camille Pissarro, La Campagne aux environs de Conflans-sainte-Honorine, 1874.

Camille Pissarro, La Campagne aux environs de Conflans-sainte-Honorine, 1874.

1876 La Forêt de Fontainebleau par Abbot Handerson Thayer

Ode à la nature. Le printemps donne envie de nature.
"La Forêt de Fontainebleau", 1876, Abbott Handerson Thayer (peintre américain). C'est incroyablement moderne pour l'époque, non ?

1879 Le Pont de Maincy près de Melun par Cézanne

Un Cézanne verdoyant, "Le Pont de Maincy, près de Melun", 1879.
Le pont de Maincy est un tableau un peu à part dans l’œuvre de Cézanne. En 1879, le peintre séjourne à Melun tout proche du pont de Maincy.
Alors qu'il se dégage de l'influence impressionniste, peu de toiles de Cézanne sont éclaboussées d'une telle luminosité. On sent l'air circuler à travers l'espace et l'eau se jouer de multiples reflets.
A l'aube des années 1880, un nouveau langage s'élabore qui repose sur la "facture", la manière dont la peinture est déposée sur la toile. Cette approche, sans cesse explorée et approfondie par la suite, notamment dans les paysages, trouve ici une sorte de démonstration parfaite. Le dialogue entre l'espace et les masses, les formes et leurs reflets atteint un rigoureux équilibre, à la fois puissant et délicat, au sein d'une structuration rigoureuse du plan de la toile.

1888 Paul Cézanne, Avenue à Chantilly, 1888.

Paul Cézanne, Avenue à Chantilly, 1888.

1893 Maurice Denis Les arbres verts de 1893

Tellement encore à découvrir et comprendre chez Maurice Denis, il est vrai que ses cadrages et ses sujets ont toujours de quoi surprendre, comme "Les arbres verts" de 1893 et qui est incroyablement moderne, non ?

1902 Forêt d'Automne par Gustave Klimt

Forêt d'Automne par Gustave Klimt, 1902.

1902 Henri Rousseau (1844-1910), Heureux Quatuor, 1902. 2

Henri Rousseau (1844-1910), "Heureux Quatuor", 1902.

Le format de l'œuvre étant très vertical, je poste un détail pour découvrir les subtilité de ce tableau et de l'univers de du Douanier Rousseau.

Cette œuvre quelque peu atypique a été exposée pour la première fois au Salon des Indépendants en 1902. Rousseau attachait manifestement une grande importance à ce tableau, car il a été retrouvé un catalogue annoté qui montre que le prix demandé à l'époque était 2000 francs, soit beaucoup plus que tous ses autres tableaux exposés au même Salon.

1902 Marcel Duchamp Jardin et chapelle à Blainville 1902

Marcel Duchamp Jardin et chapelle à Blainville 1902.

1904 Francis Picabia, Bords du Loing en automne de 1904

J'aurais pu faire un quizz avec cette peinture de Francis Picabia, "Bords du Loing en automne" de 1904, mais je préfère l'associer à ce poème de Guillaume Apollinaire de 1913.
"Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule"

1907 Femme en rouge dans la forêt par Douanier Rousseau

Si je pouvais, je commencerais chaque journée par admirer une toile du Douanier Rousseau.
"Femme en rouge dans la forêt" - 1907.

1907 La charmeuse de serpents du douanier Rousseau peint en 1907

Voilà une œuvre qui ne cesse de me bouleverser.
"La charmeuse de serpents" du douanier Rousseau peint en 1907.
Henri Rousseau (1844-1910) est un autodidacte, c’est sans doute ce qui a plu à Guillaume Apollinaire, Alfred Jarry et Pablo Picasso qui comprennent qu'il faut remettre en question tous les principes de l'histoire de l'art, libérer la peinture de son académisme archaïque.
L'emploi de Rousseau à l’octroi de Paris, barrière douanière de la capitale, lui vaut le surnom de Douanier Rousseau.
Cette peinture me fascine depuis toujours. Elle est tout à la fois d'une grande poésie, d'une indéniable liberté et d'une extraordinaire modernité, pourtant la facture est extrêmement précise et minutieuse, presque académique.
Troublante Vénus noire dont les yeux captent notre regard, nous voilà hypnotisés, charmés, bien plus que les serpents. C'est inouï cet exotisme, cette verdure luxuriante, cette impression de chaleur, de moiteur même, qui se dégage de cette toile. Nous voilà dans un Eden exotique. On ne peut que succomber au charme de cette femme, si sombre au clair de Lune, son magnétisme nous tétanise. Vision exotique, rêve d’une autre civilisation ?
Pour moi Rousseau est un des premiers peintres à privilégier le sentiment sur le sujet.
Henri Rousseau n'a jamais voyagé, c'est au Jardin des Plantes de Paris, dans la ménagerie et les serres que son esprit se nourrit. Cette toile a été commandée au Douanier par la mère du célèbre artiste Robert Delaunay, elle est aujourd'hui conservée au Musée d'Orsay.

1910 Femme se promenant dans une forêt fantastique, 1910.

Une merveille de Henri Rousseau.
"Femme se promenant dans une forêt fantastique", 1910.
Le douanier Rousseau se fait reconnaître et estimer par les peintres avant-gardistes tels qu'André Derain ou Henri Matisse. Il se lie d'amitié avec Robert Delaunay, Guillaume Apollinaire, puis avec Pablo Picasso.
Pour peindre, il s’évertue à reproduire ce qu’il voit et essaie de faire coïncider ce qu’il voit avec ce qu’il sait des faits. L’exotisme abonde dans son œuvre même si Rousseau n'a pratiquement jamais quitté Paris. Son exotisme est imaginaire et stylisé, issu du Jardin des Plantes, du jardin d'Acclimatation, des revues illustrées et des revues de botanique de l’époque.

1911 Félix Vallotton, La Charrette, 1911.

Félix Vallotton, La Charrette, 1911.

1912 forêt par Nathalia Goncharova

Natalia Goncharova, "Forêt", 1912.

En 1909, le poète italien Filippo Tommaso Marinetti écrit : "Nous voulons chanter l’amour du danger, l’habitude de l’énergie et de la témérité."
Le poète prône une manière de vivre qui glorifie la modernité dans ce qu’elle a de mécanique, d’urbain, de violent, de technologique.
Dans l'art et plus précisément dans la peinture, nait aussi cet engouement pour la modernité : "Le Futurisme". D’abord influencé par le pointillisme de Seurat et Signac, les futuristes vont ensuite découvrir le cubisme qui aura une influence considérable sur le style de leurs œuvres.

1912 Gustav Klimt, Pommier 1912.

Gustav Klimt, "Pommier" 1912.
Gustav Klimt est né en 1862 à Baumgarten, en Autriche. Il fonde l'atelier Känstlercompanie (Compagnie d'artistes) avec son frère Ernst et le peintre Franz Matsch. Ils ont beaucoup de succès en tant que peintres muraux, obtenant des contrats de musées, de théâtres et d'autres œuvres d'art décoratives pour de riches mécènes. Puis Klimt affine son style personnel et les compétences de gravure que son père lui avait enseignées.
En 1897, Gustav Klimt rallie la Vienna Sezession, un mouvement Art nouveau dont le but est de donner à de jeunes artistes une chance de se faire connaître et de se révolter contre les attitudes conservatrices de l'art académique.
"Le Pommier" est une œuvre réalisée par Gustav Klimt en 1912. Ses peintures de femmes, jugées scandaleuses, font que de nombreuses commandes sont annulées. Par besoin financier, Klimt s'essaie alors au genre du paysage.
En 1917, il est nommé membre honoraire de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne. En janvier de l'année suivante, à l'âge de 55 ans, Klimt est victime d'un accident vasculaire cérébral. Affaibli et atteint d'une pneumonie, il décède le 6 février 1918.

1916-1917 Les couleurs de l'automne, au Canada avec Tom Thomson et sa peinture érables, 1916-1917. Lumineux.

Les couleurs de l'automne, au Canada avec Tom Thomson et sa peinture érables, 1916-1917. Lumineux.

1919 Edvard Munch Forêt d'ormes en automne, de 1919.

Quel dommage que Edvard Munch ne soit connu quasiment que pour une seule œuvre, "Le Cri" de 1893, alors qu'il est un pionnier du mouvement expressionniste et de la peinture moderne. Munch reste, pour moi, l'un des créateurs d'une nouvelle époque. L'art de Munch des années 1890 est le plus connu, mais j'ai un faible pour ces peintures plus tardives comme ce "Forêt d'ormes en automne", de 1919.

1926 Alphonse Osbert, Contemplation d'automne, 1926.

Toujours énigmatique, avec ses contre-jours, une œuvre d'Alphonse Osbert, "Contemplation d'automne", 1926.

2002 Grande Rivière par Peter Doig

Peter Doig, "Grande Riviere", 2002.
Les peintures énigmatiques de Peter Doig se caractérisent par une représentation figurative de la mélancolie au sens romantique du terme, dans lesquels le spectateur peut se perdre.
Ses représentations de nature sont souvent pleines de mystère, aussi exotiques que nostalgiques, aussi attirantes que menaçantes.
Doig s’inspire de ses souvenirs personnels au Canada tout autant que de fragments de notre présent. Il prend pour point de départ de ses toiles des photos, des coupures de presse, des images de la culture pop telles que pochettes d’albums et affiches de films.

2006. David Hockney, Early June Tunnel, 2006.

David Hockney, Early June Tunnel, 2006.

Les Imageries de Warja Lavater

"Les Imageries" de Warja Lavater racontent les contes de Perrault en utilisant des symboles qui laissent toute liberté aux enfants (et pas seulement) de laisser leur imaginaire construire les personnages.
Warja était merveilleuse et tellement attentive aux enfants.

 

La forêt de kimono tout près du temple Tenryu-ji

Hors des sentiers battus, un endroit magique et un peu secret d’Arashiyama.
"La forêt de kimono" tout près du temple Tenryu-ji. Une merveilleuse surprise. Sous la gare, des piliers brillants en forme de cylindre, dans une variété de couleurs et de motifs, s'alignent comme une forêt qui serpente à travers un pays de rêve fantastique. Les piliers sont fabriqués dans un tissu teint selon la technique traditionnelle Kyo-Yuzen, un style de teinture et d'impression utilisé pour créer le Kimono Yuzen aux couleurs éclatantes à Kyoto.
La «forêt du kimono» est composée d'environ 600 piliers, c'est à couper le souffle.

Et quand la nuit tombe sur la Fondation et qu'elle émerge de la forêt, elle dévoile d'autres aspects de sa belle architecture.

Et quand la nuit tombe sur la Fondation et qu'elle émerge de la forêt, elle dévoile d'autres aspects de sa belle architecture.

1936 et 1939 The falling water house de Frank Lloyd Wright construite entre 1936 et 1939

Depuis mon enfance, j'adore cette maison, mais, comme souvent, je ne veux pas la voir de peur de perdre la force de mes rêves.The falling water house de Frank Lloyd Wright construite entre 1936 et 1939.Bien sûr j'aime l'automne, mais aussi le printemps, oh et puis l'été, évidemment, ahh mais l'hiver, j'adore ! En fait j'aime !



Gustave Courbet, "Le Chêne de Flagey", 1864.
Quelle beauté ! Un arbre, rien qu'un arbre. Mais quel arbre ! Courbet l'a peint près de la ferme familiale de Flagey, dans son Doubs natal.
Le chêne occupe toute la toile, jusqu'à en repousser les bords — un cadrage si serré qu'on y devine déjà l'influence de la photographie naissante.
Quand il l'expose en 1867, Courbet le rebaptise malicieusement "Le Chêne de Vercingétorix, camp de César près d'Alésia". Provocation politique en règle : Napoléon III soutenait que Vercingétorix avait livré sa dernière bataille en Bourgogne, Courbet, lui, défendait la thèse franc-comtoise. Le tableau devient ainsi une arme contre l'Empereur — celui-là même dont il refusera la Légion d'honneur quelques années plus tard.
Pionnier du Réalisme, Gustave Courbet (1819-1877) peignait "ce qu'il voyait" et rien d'autre. Le destin de cette toile est un roman : vendue par sa sœur Juliette à un banquier de Philadelphie, partie aux États-Unis dès 1898, rachetée en 1987 par un collectionneur japonais qui se rendit jusqu'à Flagey pour voir l'emplacement de l'arbre… avant qu'une souscription publique ne permette au département du Doubs de la rapatrier en 2013, pour 4 millions d'euros. Le chêne, lui, avait été foudroyé depuis longtemps. Il fallait bien que la peinture lui survive.

Thierry Lefort, "Ah ! Les beaux dimanches…"
Regardez cette ombre bleu nuit qui s'étire comme une coulée d'encre. Voilà tout Lefort : peindre les arbres non comme on les rêve dans une forêt vierge, mais comme on les rencontre au bord d'une route, entre deux voitures garées, dans la lumière crue d'un dimanche après-midi à Los Angeles.
Chez lui, la nature ne s'oppose jamais à la ville — elle s'y faufile, elle l'habite, elle la sauve. Magritte rêvait l'arbre, Lefort, lui, le regarde survivre en milieu urbain et lui rend sa dignité. Les ombres portées, sa signature, deviennent une seconde toile bleue posée sur le bitume.

René Magritte, "La recherche de l'absolu", 1948.
Un arbre nu en plein hiver dont les branches dessinent la silhouette d'une feuille géante.
Dès 1934, dans une lettre à André Breton, il confie chercher "ce qui appartient à un arbre mais irait à l'encontre de notre concept d'arbre". Réponse limpide une décennie plus tard : la feuille EST l'arbre.
Trois premières versions naissent fin 1940, décrites dans une lettre à Claude Spaak du 5 janvier 1941 ; celle de 1948 reprend le motif avec une exécution plus dentelée, plus aérienne.
1948, justement, c'est l'année la plus rocambolesque. En pleine "période vache" — ses toiles fauves et provocatrices font scandale à Paris — Magritte arrondit ses fins de mois en fabriquant de faux Picasso, Braque et de Chirico avec son frère Paul et son complice surréaliste Marcel Mariën. Il poussera même le vice jusqu'aux faux billets de banque. À la fin de l'année, il range les pinceaux frauduleux et revient sagement à son surréalisme d'avant-guerre… et à ses arbres-feuilles.

Aimons la nature