Série - Violons et guitares

"La Joueuse de guitare" de Jan Vermeer van Delft, 1670.
Edgar Degas "La leçon de danse", 1879.
Pour nous c'est plutôt une leçon de peinture !

"Nature morte au violon", William Michael Harnett, une peinture de 1888.
Picasso, "Bouteille de Bass et guitare", 1912
Pablo Picasso, "Guitare", décembre 1912.
La technique des papiers collés, inventée par Georges Braque à Sorgues en septembre 1912, est l’une des manifestations les plus caractéristiques de la phase dite du cubisme synthétique. Picasso s’en empare presque immédiatement, écrivant à son ami dès le mois d’octobre qu’il emploie ses derniers "procédés paperistiques et poussiéreux".
Caractérisés par l’intégration d’éléments directement empruntés à la réalité, les papiers collés sont les lieux d’une rencontre fertile entre la vie et l’art, et notamment entre la culture populaire de la rue, avec ses publicités et ses journaux, et la culture noble des beaux-arts, avec ses cadres moulurés et ses natures mortes.
Les papiers collés dialoguent alors intimement avec les petites et fragiles constructions de papier ou assemblages contemporains Guitare, et désormais nourris de la connaissance intime du masque Wobé-Grébo acquis à Marseille au début du mois d’août 1912.
Pfff, même pas le temps de lire le journal que ce diable de Picasso l'a déjà découpé ! "Bouteille, verre et violon", 1912-1913.
Juan Gris, "Violon et verre", 1913.
En 1913, un chef-d'œuvre nait sous les doigts de Georges Braque, "Femme à la Guitare", le cubisme dans sa perfection.
Et voilà ce que Picasso faisait en 1913. "Violon accroché au mur".
"Joueur de guitare", 1914, par Pablo Picasso.
Henri Matisse, "Intérieur à l'étui de violon", 1918. 
Juan Gris, "Arlequin à la guitare", 1919.
Dans "Le Violoniste Vert" de 1923, Chagall évoque son pays natal et la religion. Chagall pense qu'il est possible de parvenir à une communion avec Dieu à travers la musique et la danse. Le violoniste étant incontournable dans les cérémonies et les fêtes juives.
C'est une des toiles de Chagall qui m'a fait, tardivement, aimer et même adorer son œuvre. Il faut s'imaginer face à cette toile de 2m de haut. J'ai été submergée par la couleur, puis par les détails, puis à nouveau par les teintes, puis les éléments et formes géométriques qui semblent empilés, ensuite, se bousculent toutes les références, aussi bien historiques, que religieuses ou artistiques. Alors, je ne lutte plus, j'accepte de recevoir cette peinture comme un cadeau, j'y entre, me voilà dans le petit village de Vitebsk, j'y croise les acteurs de l'histoire de l'art, oh, maintenant, je suis à Saint-Paul, dans mon enfance, j'entends la voix de Chagall, celle de ma grand-mère…
Je reste longtemps dans ce bonheur de la peinture, le plus difficile est d'en ressortir et de revenir à la réalité.
Pour ma série violons et guitares, un des violons de l'art les plus connus. "Le Violon d'Ingres" photographie de l'américain Man Ray réalisée en 1924. Elle représente Kiki de Montparnasse, nue, dont le dos arbore les ouïes d'un violon.
Man Ray rencontre Kiki de Montparnasse de son vrai nom Alice Prin, dans un café et lui propose de la photographier. Elle hésite, elle pose déjà pour de nombreux peintres.
Man Ray raconte dans son autobiographie qu'il réussit alors à la convaincre en lui disant : "je photographie comme je peins, transformant le sujet comme le ferait un peintre". Kiki devient la première compagne du photographe à Paris. Elle déménage chez lui, elle pose pour lui et l'inspire. Man Ray doit sans doute une grande partie de sa renommée à Kiki, en plus de ses progrès en matière de langue française.
Le "Paysan catalan à la guitare" peint en 1924 fait partie d’une série de peintures réalisées après la première visite de Miró à Paris en 1920 et ses rencontres avec poètes et artistes dadaïstes ou surréalistes. L’artiste simplifie ses compositions et choisit un langage personnel composé de signes et traits. Ici, le paysan avec sa casquette rouge caractéristique est stylisé et ses contours contrastent nettement avec le fond bleu intense qui domine la peinture.
Les couleurs de l'été avec Henri Matisse, "Tabac Royal", 1943.
Raoul Dufy, "Le Violon rouge", 1948.
"Le roi triste, une danseuse charmeuse et un personnage grattant une espèce de guitare de laquelle s’échappait un vol de soucoupes volantes couleur d’or, faisant le tour supérieur de la composition pour aboutir en masse autour de la danseuse en action." Voilà comment Henri Matisse décrivait lui-même "La Tristesse du Roi".
Alors que Matisse est cloué au lit, ne pouvant plus peindre, il réinvente son art avec les papiers gouachés et découpés, et réalise cet immense chef-d'œuvre, presque 3m par 4m, 292 x 386 cm. Commencée début 1952, alors que la Chapelle du Rosaire est enfin achevée, "La Tristesse du Roi" est la première gouache découpée à entrer dans les collections publiques françaises du vivant de Matisse.
Richard Lindner, "Rock-rock", 1966, un pop américain moins star mais plus inventif.
Pour ma série guitares, le café du matin avec Peter Sellers.
Demain, on espère qu'il jouera de l'harmonica !
Dans presque chacun de ses films il y a une scène avec une guitare.
Manitas de Plata était une star, un talent et un charme fou et quel musicien ! Je me souviens s'il était du côté de Nice et quand Miró était à Saint-Paul, il ne manquait jamais de passer à la maison le revoir. Une photo historique, le voilà avec ses musiciens, à Vevey, entourant Charlie Chaplin qui chante à tue-tête.
Henri Matisse, à Nice, avec "La Tristesse du Roi" en 1952.
Cette œuvre inaugure les grandes décorations en gouaches découpées avec figures. Matisse conçoit un immense panneau mural inspiré du thème biblique du Roi David – Salomé dansant devant Hérode –, abondamment traité dans l’histoire de la peinture, qu’il décrit ainsi : "Le Roi triste, une danseuse charmeuse et un personnage grattant une espèce de guitare de laquelle s’échappait un vol de soucoupes volantes couleur d’or, faisant le tour supérieur de la composition pour aboutir en masse autour de la danseuse en action."
Présenté au Salon de Mai en 1952, juste après son acquisition par l’État, le panneau est unanimement salué par la critique : "Le grand collage de Matisse, plus extraordinaire encore que son Jazz (c’est le même style), avec son rythme courbe sur fond d’horizontales, est le clou du Salon ; mieux : un chef-d’œuvre ; il est rare de rencontrer plus d’ampleur et de plénitude ; une leçon pour tous." Dans : L’Art d’aujourd’hui, juin 1952.