Pol Bury

Une sculpture animée offerte par Pol Bury à mon grand-père.
Extrait de "La Saga Maeght"
Papy, qui a toujours dessiné des meubles et confié sa décoration aux créateurs les plus contemporains, comme Jean-Michel Frank, André Arbus ou Charlotte Perriand, convainc Mamy de quitter l'avenue Foch et les alignements haussmanniens pour s'installer rive gauche, sur le Champ-de-Mars, avenue Élisée-Reclus. L'immeuble est en construction et Papy peut ainsi y imaginer son appartement idéal, un duplex ultramoderne. À peine la porte poussée, nous voilà dans son univers. L'entrée s'ouvre sur deux étages, le sol est en marbre noir et brillant – Mamy, dont la vue empire, a toujours peur de glisser. S'y reflète un sculptural escalier en inox, conçu par Pol Bury, qui conduit à l'étage supérieur. Sur les marches, des sphères d'acier mobiles ponctuent la journée de cliquetis. Le vieux berger allemand de Mamy s'y cassera une patte, à la suite de quoi ma grand-mère ne prendra plus que l'ascenseur pour rejoindre la seule partie de l'appartement où Aimé n'a pas eu voix au chapitre, c'est-à-dire sa chambre, son dressing et son petit salon. L'immense entrée est éclairée par un monumental lustre de Diego Giacometti qui attire le regard vers le haut, permettant ainsi de découvrir les grandes rambardes de la loggia, œuvres de Miró faites de plexiglas gravé et peint.
Bois sculpté et animé de PoL Bury.