NFT - L'Art de demain

 

Voir ma vidéo pour TDXx sur les NFT ici

En vous baladant dans des expositions, dans des musées, des foires d'art ou dans des galeries, vous êtes-vous déjà posé cette question : Aimerais-je avoir cette œuvre chez moi ? Aimerais-je la détenir, la posséder ? Quel rapport aurais-je alors avec elle et mon regard sur elle changera-t-il ?

Doit-on posséder l'art ou suffit-il d'y avoir accès ?

La question peut paraître surréaliste, mais n'est-ce pas à moi, élevée par les surréalistes, de la poser et de tenter d'y répondre.

Des questions, j'en ai toujours posé.

Des questions surréalistes à des surréalistes, comme ici à Jacques Prévert et à Pablo Picasso, je n'ai pourtant que 3 ans et demi !

Il faut dire qu'avoir comme grand-père un visionnaire comme le fut Aimé Maeght et avoir en guise d'oncles des Prévert, Chagall, Braque, Picasso, Yves Montand ou André Malraux, vous donne une force, une liberté et une audace terribles.

Ces génies ne m'ont pas seulement transmis leur savoir il m'ont donné ce goût pour l'histoire de l'art.

Ils m'ont fait comprendre que l'art est sans cesse en mouvement, qu'il avance, bifurque, prend des chemins de traverse, parfois des autoroutes ou de petits sentiers escarpés. Mais avance inexorablement se nourrissant de toute innovation.

Mais que serait l'art sans partage ?

Mon grand-père, lui qui était parti de rien, orphelin, pour montrer et offrir au plus grand nombre ses gouts et ses découvertes artistiques a créé sa propre Fondation au soleil de Saint-Paul-de-Vence…

Aidé en cela par ses amis artistes qui tous se sont passionnés pour le projet : Braque le premier, puis Giacometti, Chagall, Calder et surtout Miró, qui, en y déployant son Labyrinthe a doté la Fondation d'un jardin-musée.

Miró est celui qui m'a le plus appris, il m'a montré la nature et sa relation avec l'art, il aiguisait ma curiosité et répondait à chacune de mes questions et m'incitait à en poser toujours davantage, comme sans doute ici, en 1966, sous son regard bienveillant et empli de tendresse qui en dit long sur notre complicité.

C'est sans doute grâce à lui que j'ai cet appétit de découverte. Alors rien d'étonnant à ce que je me penche sur toute forme de modernité, de création ou proposition, y compris technologique et à regarder devant, loin devant !

C'est en faisant cela qu'aujourd'hui, je peux vous affirmer que nous vivons les prémices d'une révolution dans le monde de l'art, et ce chambardement viendra des NFT.

Qui connaît les NFT ?

Quand le terme NFT est-il rentré dans notre langage courant ?

C'est très récent, c'est en mars 2021 quand l’artiste Beeple - Mike Winkelmann - se fait connaitre mondialement car son œuvre, “Everydays : les 5.000 premiers jours”, s'est vendue sur la blockchain l'équivalent de
69 millions de dollars. On découvre le crypto Art.

C’est un choc pour les médias de la planète : mass-média, presse écrite, de société, people, féminine, sportive, audiovisuelle, web, TV, radio, tous ont couvert l’info, en ignorant souvent ce dont il s'agissait.

Mais au-delà de la communication sur le prix record, peu de choses ont été dites.

Alors quelques explications s'imposent.

Les NFT (Non-Fungible Token) sont des actifs digitaux détenus de manière unique sur la blockchain. Éléments cryptographiques et virtuels, ils sont des codes d'identification uniques pour l'auteur, la signature, la date, la titre.

Bref, la blockchain permet de créer une sorte d'acte de propriété ou certificat unique, crypté donc non falsifiable qui peut être attaché à divers biens : Immobilier, objets de collection, noms de domaine, marques et, bien sûr, Art.

Un NFT Art est un certificat crypté attaché à une image. Donc une seule personne détient le certificat de propriété d'une image qui elle est visible par tous.

Vous n'avez pas tout compris entre détenir et avoir accès. ?

Alors une petite démonstration avec le premier NFT du monde.

Il date de ? Voyons voir, sa date de création est débattue elle est probablement 1516.

Ah cela vous étonne ? Mais non, car je considère La Joconde, la fameuse Mona Lisa, comme le premier NFT du monde.

Vous trouvez, que j'ai gardé l'esprit de mes mentors surréalistes !

Voyons pourquoi je qualifie Mona Lisa de NFT.

Quand je parle NFT on me lance "spéculation et snobisme de milliardaires".

Mais je rétorque, "plutôt moins que François 1er avec Léonard de Vinci, qui, à la base était un grand coup de comm !"

Le jeune roi de 22 ans veut montrer à l'Europe qu'il est le plus puissant et au fait des nouveautés et des technologies. C'est ainsi qu'en 1516, à la demande du monarque, Léonard rejoint la France pour devenir premier peintre, ingénieur et architecte du roi de France. Léonard achèvera Mona Lisa au Clos Lucé et vendra la peinture à François 1er pour les collections royales. C'est d'ailleurs à ce moment que le marché de l'art contemporain se créé, auparavant les œuvres contemporaines étaient des commandes et ne se revendaient quasiment jamais.

Belle opération pour la France car, sur une quinzaine de peintures dont la paternité de Léonard est certaine, 6 sont en France ! Quel bon investissement et qui rapporte encore.

Pourquoi Mona Lisa premier NFT du monde ?

Faisons un comparatif :

  • L'image est identifiable immédiatement, comme les NFT et est connue y compris de ceux qui ne sont jamais venus au Louvre.
  • Son créateur maitrisait autant le pinceau que les nouvelles technologies.
  • Le propriétaire ? On ne sait pas vraiment qui c'est et on s'en moque, puisqu'on a accès à l'œuvre. Un seul propriétaire dispose d'un acte de propriété. C'est le Louvre ou plus exactement la France, voilà une notion bien étrange. On pourrait aujourd'hui parler de "fonds d'investissement".
  • Un seul propriétaire mais l'œuvre est accessible à tous. Comme un NFT.
  • Qui pourrait en fixer le prix si elle était mise en vente : l'acheteur.
  • Elle pourrait même être vendue et ne pas bouger du Louvre.

Et si les NFT offraient une vraie et totale démocratisation de l'art, le partage total, allant plus loin encore que Mona Lisa.

Je m'explique, gardons toujours en tête notre chère Mona Lisa.

  • Gratuité d'accès
    • Les NFT art sont consultables à tous sur le web via des plateformes de diffusion comme SupeRare, Opensea, Nifty Gateway. Tandis que le Louvre est payant.
  • Intemporalité
    • Il n'y a pas d'horaire d'accès. Pas de jour de fermeture, contrairement au musée.
  • Mondialisation
    • où que l'on soit sur la planète, il suffit d'une connexion internet. Inutile de se déplacer.
  • Qualité de l'œuvre conforme à sa création
    • L'œuvre a été conçue sur un écran et elle est visible au travers de la vitre d'un écran, oui, derrière une vitre, comme Mona Lisa.
  • Musée imaginaire illimité
    • Pour composer gratuitement notre collection de NFT il suffit de collecter nos images ou vidéos favorites, pas besoin même d'en détenir le certificat. Les images sont libres d'accès.
  • Transparence du marché
    • Tout l'historique des transactions apparaît sur les plateformes, les dates, les prix, les acquéreurs. Les artistes sont ainsi informés de toutes les transactions et touchent des droits sur chacune.

Alors, n'est-ce pas l'avènement de l'art pour tous ? Il est plus facile et moins cher aujourd'hui d'avoir un smartphone ou un ordinateur que de venir au Louvre.

L’Art représente maintenant 20% des NFT.

Pour autant, les NFT vont-ils mettre au rencart l'art plus conventionnel ? Celui que je pourrais qualifier de matérialisé ?

L'histoire de l'art, comme je le disais, comporte plusieurs chemins, l'un n'excluant pas l'autre. Je vous donne un exemple.

1914 : Claude Monet peint un des monuments de l'histoire de l'Art, les Nymphéas. Huit panneaux de deux mètres de haut pour une longueur de 91 mètres. Ils sont ainsi exposés à l'Orangerie, dans les Tuileries à Paris, dans deux salles ovales pour symboliser le signe de l'infini.

C'est cette même année, 1914, que l'œuvre de Marcel Duchamp "Le Porte bouteilles" voit le jour. Cette œuvre est considérée comme le premier Ready Made, puisqu'il s'agit d'un objet ordinaire acheté par l'artiste au Bazar de l'Hôtel de Ville.

On voit bien que l'Histoire de l'Art a diverses composantes qui cohabitent parfaitement. Les Nymphéas et Le Porte Bouteilles tous deux de 1914, sont des incontournables de l'histoire de l'Art.

Aujourd'hui peinture, sculptures, dessins, installations et NFT ont leur place dans l'histoire de l'Art.

Certains, comme Aki Kuroda, subliment la peinture,

Et pourtant il a su, dès 2000, créer des expositions digitales. Rien de tout cela n'a jamais existé matériellement.

Nouveaux Artistes

Une nouvelle génération d’artistes émerge via les NFT. La variété visuelle des créations est inouïe et les sujets infinis, Manga, science-fiction, écologie, hyperréalisme, poésie et images animées

Parmi ces nouveaux artistes, plus de trente d’entre eux ont déjà acquis une immense notoriété, dont :

CryptoPunk - Hackatao - Android Jones - Mark Inducil et bien sûr Beeple

Vous voyez, les expressions, les styles sont riches de variété.

Doit-on posséder l'art ou suffit-il d'y avoir accès ?

Aujourd'hui la technologie nous permet de ne pas choisir. Ayons sur nos murs des œuvres et sur nos ordinateurs des œuvres.

C'est passionnant, ou dois-je dire cela me passionne et avouer :

En Art, comme dans la vie, tout ce qui ne me passionne pas m'ennuie !

 

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