Fondation Maeght - Naissance du projet

En 1950, tandis que la Galerie Maeght prospère, tout semble sans ombrage. Pourtant la famille Maeght vit un drame. Bernard, le jeune fils d’Aimé et Marguerite, est atteint d’une leucémie. La maladie amène les Maeght à déménager à Varengeville puis à retourner sur la Côte d’Azur où l’air serait bénéfique au petit. Ils achètent une propriété sur une colline face à Saint Paul. Après des mois de lutte, Bernard meurt en 1953. Ce n’est que grâce au soutien et à la présence des artistes que la famille réussit à surmonter l’épreuve de la disparition de l’enfant. Un an après, Matisse meurt.

C’est l’ami Braque, épaulé par André Malraux, qui suggère à Marguerite et Aimé de se lancer dans une nouvelle entreprise. Une folie : la création, ex-nihilo, d’un lieu d’un type tout à fait nouveau : Quand Braque est venu me rejoindre à Saint-Paul, un mois après la mort de mon petit garçon, j’étais au fond du désespoir. Il m’a dit : Puisque vous avez tant envie de faire quelque chose qui n’aurait pas de but spéculatif, qui nous permettrait à nous les artistes d’exposer de la sculpture et de la peinture dans les meilleures conditions possible de lumière et d’espace. Faites-le, je vous aiderai. Ainsi, naissent les bases de la Fondation Maeght.

Georges Braque et Aimé Maeght

A la suite de la mort de Bernard, Marguerite et Aimé Maeght, profondément atteints, entreprennent, sur le conseil de Fernand Léger, un voyage aux États-Unis. L’idée de Braque et de Malraux de créer un lieu public fait son chemin. En 1955, ils visitent les fondations américaines : Barnes, Phillips, Guggenheim. Peu à peu se précise l’envie de créer un lieu où rassembler leur collection et où leurs amis artistes pourraient travailler et échanger.

En France, au sortir de la guerre, un seul lieu compte et concentre l’art et les artistes : Paris. Choisir Saint-Paul est une gageure. C'est pour Aimé Maeght l'occasion de faire œuvre de créateur. Il se sent à l'étroit dans sa galerie parisienne qui comptait mille cinq cents à deux mille tableaux et où il ne peut en montrer que quarante ou cinquante à la fois. « J'avais besoin d'air et d'espace. Je ne voulais pas faire une super-galerie en guise de fondation, mais autre chose qui appartiendrait à la communauté et qui serait à la fois une entreprise indépendante pour pouvoir agir. »

Dans les musées visités, tant en France, qu’à l’étranger, Aimé Maeght ne retrouve pas la lumière qui éclairait les œuvres de Picasso, Miró et Calder vues dans le pavillon espagnol de l’exposition universelle de 1937, à Paris. A l’occasion de la visite du nouvel atelier de Miró à Palma de Majorque, Aimé est impressionné par la beauté du lieu et l'aspect fonctionnel de l'édifice, mais c'est surtout la gestion de la lumière naturelle qui émerveille Aimé. Une évidence, un même architecte pour les deux constructions : Josep Lluis Sert.

Immédiatement, Aimé Maeght se rend à Harvard pour y rencontrer l’architecte catalan qui développe les théories d’une nouvelle architecture méditerranéenne. Ensemble, ils tracent les grandes lignes d'une « galerie idéale » dans un site unique de la Côte d'Azur, entre Méditerranée et les pics enneigés des Alpes du Sud.

D’emblée, tous deux écartent l'idée d’un musée fermé, au parcours imposé. Josep Lluis Sert prône une architecture de climat pensée pour un soleil intense, une atmosphère limpide et un paysage avenant.

 

Le livre La Saga Maeght par Yoyo Maeght, avec dédicace. Lien ici

La Saga Maeght par Yoyo Maeght