.Miró - Paysage Catalan, 1924

C’est une des œuvres les plus importantes du surréalisme.

Le Catalan Joan Miro, 1893-1983, reste inclassable. Il aura produit plus de 2000 huiles, 500 sculptures, 400 céramiques et environ 8000 dessins !

Après avoir contracté le typhus, le jeune Miró doit s'isoler, aussi s'installe-t-il en 1911 dans la ferme familiale à Montroig, il a 18 ans, dessine et peint depuis son enfance. C'est à Montroig qu'il prend conscience de son attachement pour la terre catalane qui restera la source inépuisable de son inspiration.

En 1919 il se rend à Paris, trouve un atelier et se fixe dans la Capitale, le creuset de l'avant-garde. il y rencontre le groupe de peintres et d'écrivains d'avant-garde qui prône la fusion du monde rationnel quotidien avec celui des rêves et de l'inconscient afin de produire une réalité absolue, ou "surréalité".

Les surréalistes préconisent l'automatisme, méthode de travail spontanée. Miró avait déjà expérimenté l'automatisme : "Même quelques coups de chiffon occasionnels en nettoyant mon pinceau peuvent suggérer le début d'un tableau". Disait Miró.

Miró peint le "Paysage catalan" ( ou "le Chasseur" ) en 1923-1924. C'est une grande toile, l'une de ses œuvres les plus importantes car elle marque une étape décisive dans l'élaboration de son style : la stylisation systématique de ses formes, chaque élément apparaissant comme une sorte d'idéogramme qui tient lieu de langage.
Ce tableau marque un tournant majeur dans la carrière du peintre. C’est une étape décisive dans l’élaboration de son style. Les formes et les lignes abstraites font de cette toile un chef-d’œuvre du surréalisme. Miró se démarque des surréalistes car sa peinture est une version lyrique et minimaliste de la réalité. Il n’y a pas forcément la volonté de transmettre un message.
Dans "Paysage Catalan", l'artiste raconte une histoire où toutes les formes prennent vie : chasseur, fusil, lapin, arbre, œil, feuille, sardine gobant une mouche, drapeau catalan rouge et jaune, soleil...
La composition se réfère à trois principes : le principe terrestre, avec la couleur ocre, l'aérien : le jaune, et le marin avec les vagues, la bouée et les mouettes. La ligne sinueuse qui partage la toile en deux parties est ambiguë car irréelle. Est-ce une ligne d'horizon ?
En peignant ce tableau, Miró a mis au point un nouveau langage qui est bien sûr proche de celui des surréalistes qu'il fréquente à Paris, mais sa peinture est plus une vision lyrique de la réalité qu'une volonté de transmettre des idées et des messages, prônée par ces derniers.
Cette toile illustre une période de Miró gaie, enjouée et très humoristique. Le drame de la guerre d'Espagne est encore loin.
blmir