.Miró - Prévert - Adonides

Adonides

Gravures de Joan Miró - Textes de Jacques Prévert - Aimé Maeght Editeur, 1975

Ce livre est le témoignage d’une amitié qui lie Joan Miró, Jacques Prévert et Aimé Maeght depuis les années surréalistes. Le projet nait en 1955 et ne sera achevé qu'en 1975. C’est le seul ouvrage de bibliophilie effectué de concert par Miró et Prévert. Ils avaient, bien sûr, participé ensemble, et avec d’autres, aux revues “Pierre à Feu” et “Derrière Le Miroir”, éditées par Maeght, mais n’avaient jamais fait de livre en commun. La collaboration fut totale, car lors d’un premier essai pour lequel Miró propose une maquette-collage complètement aboutie, Prévert la désapprouve. Fort de ce refus et humble face à la critique, Miró se remet au travail. Il a l’idée d’imprimer en relief, sans encrage, les bois gravés en 1947. Dix épreuves furent tirées de chacun de ces bois, et Miró, de là trouva son inspiration et développa son art coloré. Le poète applaudit et décida alors, enthousiaste, d’écrire directement sur les planches.

Ainsi, ce livre, dont l’écriture de Prévert est rythmée par les gravures de Miró, est le résultat de deux joueurs, de deux acrobates, l’un jouant avec les mots, l’autre avec les formes. S’il est un livre parfait en tout point, c’est bien celui-ci. L’image est poème, les poèmes sont images. Il est impossible de les dissocier.

Pour ce livre, Joan Miró utilise et imbrique diverses techniques : eau-forte, lithographie, pointe-sèche, estampage du papier. Une prouesse technique jamais plus égalée. Jacques Prévert suit de près la réalisation et écrit directement sur les plaques lithographiques afin que ses mots dansent dans les œuvres de Miró. Le poète décède avant l'achèvement de l’impression de 225 exemplaires, un fac-similé de sa signature a été reproduit à côté des signatures manuscrites de Joan Miró et d’Aimé Maeght à la fin de l'œuvre. L'ouvrage est donc considéré comme son dernier livre.

L'ouvrage comporte un frontispice et soixante-cinq pages en gravure à l’eau-forte en couleurs et à la pointe sèche, la plupart avec estampage, ainsi qu'une double page hors texte signée et numérotées par Joan Miró.

Le tirage est limité à 225 exemplaires sur vélin d’Arches, tous signés par l’artiste et l’éditeur, la signature de l’auteur étant reproduite en fac-similé.

Achevé d’imprimer le 3 décembre 1975 par Arte, Maeght.

Il reste le livre préféré de Yoyo Maeght, à son mariage, a été lu ce poème :
"Je suis heureuse
Il m’a dit hier
qu’il m’aimait
Je suis heureuse et fière
et libre comme le jour
Il n’a pas ajouté
que c’était pour toujours."
Adonides  de Jacques Prévert illustrations de Joan Miro Maeght Éditeur, Paris, 1975.

 

Joan Miró et Jacques Prévert avaient, bien sûr, participé ensemble, et avec d’autres, aux revues d'Aimé Maeght “Pierre à Feu” et “Derrière Le Miroir”, mais n’avaient jamais fait de livre en commun.

Jacques Prévert. Collage réalisé avec l’affiche de la première exposition de Jacques Prévert à la Galerie Maeght rue du Bac en 1956.
Jacques Prévert. Collage réalisé avec l’affiche de la première exposition de Jacques Prévert à la Galerie Maeght rue du Bac en 1956.

Quand les enfants sont sages, on leur donne des images. Prévert figurait LE poète, le poète de la vie tout simplement. Son occupation favorite ? Passer son temps à percer les mystères du quotidien.

Prévert, c’est un enfant, un enfant gai et heureux en toutes circonstances, enfant qu’il est resté jusqu’à la fin. Il adore le cirque et le théâtre où l’emmène son père. Ces goûts ne le quitteront jamais. Toute sa vie, il restera cet enfant aux yeux écarquillés. Il habite sur les toits du Moulin Rouge, quoi de mieux pour un poète ? Il écrit pour le Groupe Octobre et pour les enfants. Et des scénarios et des dialogues avec son frère Pierre. Pas les moindres : « Quai des brumes », « Les enfants du Paradis », « Les visiteurs du soir », des chansons « Barbara », « Les feuilles mortes »… Que des chefs d’œuvres.

Jacques Prévert, Ogre-vœux 1970, 1969, collage sur papier, 37x28 cm.
Jacques Prévert, collage pour les petites Maeght, 1970, 1969, collage sur papier, 37x28 cm.

Quand il assemble des mots, ça ne ressemble à nul autre. Tout cela ne lui suffit pas, bien sûr, il découpe, et colle des chromos sur des photographies. Et quand il assemble des images, ça ne ressemble à nul autre. Si, à du Prévert. Les mots, les images et, avant tout, le sens de l’amitié. Braque, Miró, Picasso, Calder, Doisneau, Topor…

Ses collages seront exposés pour la première fois à a Galerie Maeght en 1956, pour l'exposition inaugurale de la galerie de la rive gauche.

Vernissage de l’exposition des collages de Jacques Prévert à la nouvelle galerie Maeght créée par Paule et Adrien Maeght, 1956.
Vernissage de l’exposition des collages de Jacques Prévert à la nouvelle galerie Maeght créée par Paule et Adrien Maeght, 1956.
Jacques Prévert dédicace le catalogue.
Jacques Prévert dédicace le catalogue de ses collages.
Alberto Giacometti  et Jacques Prévert  en 1956 à la Galerie Maeght rue du Bac.
Alberto Giacometti  et Jacques Prévert  en 1956 à la Galerie Maeght rue du Bac.

À Saint-Paul, La Colombe d’Or, réunit une nouvelle famille, une famille idéale, où se retrouvent artistes, écrivains, comédiens, chanteurs, cinéastes… Et même des stars hollywoodiennes. Et tous s’épuisent en rires et en conversations jusqu’au bout de la nuit. Prévert est là, parfois il mène la danse et l’après-midi, il est déjà sous les platanes de la place à jouer à la pétanque un verre à la main, et une cigarette accrochée aux lèvres.


Une amitié indéfectible se partage avec les enfants de Paule et Adrien Maeght. Le soir, il vient leur raconter, avec tendresse et humour, des histoires effrayantes peuplées de monstres et de gorgones. C’est pour cela que les petites Florence et Yoyo le surnomment « l’ogre ».

Joan Miró, Virginia Chagall, Aimé Maeght, André Verdet, Marc Chagall, Jacques Prévert, La Colombe d’Or, Saint-Paul, 1953.
Joan Miró, Virginia Chagall, Aimé Maeght, André Verdet, Marc Chagall, Jacques Prévert, La Colombe d’Or, Saint-Paul, 1953.
 Photo dédicacée par Jacques Prévert à Robert Doisneau.
Photo dédicacée par Jacques Prévert à Robert Doisneau.