Aimé Maeght - Repères biographiques

1906 - 1945

Aimé Maeght naît le 27 avril 1906 à Hazebrouck dans le département du Nord. Son père, Ernest Maeght, ingénieur des Chemins de fer du Nord est réquisitionné dès le début de la première guerre mondiale. Il ne reviendra pas. Son épouse et ses quatre enfants sont écartés de la zone de combat et conduits par la Croix Rouge en Hollande.

Durant un an, Aimé, son frère, ses sœurs et leur mère subissent les affres de la guerre, connaissent la famine puis sont contraints à fuir encore. Après un voyage éprouvant de plusieurs semaines qui les fait traverser la Hollande et la Suisse, ils sont dirigés vers Nîmes puis, enfin, vers un village des Cévennes : Lassalle dans le Gard. Là, un paysan, Milou Berbiguier, jeune veuf, accepte de les accueillir.

Reconnu par ses professeurs comme un élève à l’esprit vif et intelligent, Aimé est orienté à 12 ans et demi, vers un collège technique à Nîmes. Il y apprend le dessin industriel et obtient un diplôme de graveur lithographe. Aimé est drôle, attentionné, passionné de musique et d'art, il soigne son allure et son goût de la rencontre. En 1926, il trouve un emploi de dessinateur typographe à l’imprimerie Robaudy, à Cannes. Très vite, il fait sa place et on lui confie les travaux délicats. En 1927, Aimé Maeght fait la connaissance de celle qui va devenir sa femme et son alter ego, Marguerite Devaye, née le 25 août 1909 à Cannes. Aimé et Marguerite se marient le 31 juillet 1928. En 1930, naît leur fils Adrien.

Dans le Cannes de l’entre-deux guerres, Aimé ouvre un commerce d’appareils radios et de meubles « modernes » sous l’enseigne Arte.

ARTE, La première "Galerie Maeght", à Cannes.

Dans l’arrière-boutique, Aimé installe une imprimerie. Il fait une rencontre décisive, Pierre Bonnard. En 1939, alors qu’Aimé Maeght est mobilisé à Toulon, Marguerite tient seule le magasin et prend des initiatives en y accrochant, pour les vendre, des peintures et tableaux. En pleine guerre, en 1942, le couple Aimé et Marguerite Maeght a un deuxième fils, Bernard. L’approvisionnement en appareils de radio se désorganisant, bientôt la boutique ne présente plus que des tableaux qui eux se vendent plutôt bien. Cannes étant en zone libre. Aimé, par sa sympathie et son enthousiasme attire de jeunes talents qui lui confient leurs œuvres : André Marchand, Geer van Velde, Jean-Gabriel Domergue, Dany Lartigue (le fils du photographe), Kees Van Dongen… Déjà, avec une prescience, il joue les découvreurs. Aimé Maeght entre en étroite relation avec Jean Moulin, avec qui il ouvre, le 6 février 1943, une galerie à Nice. Les Maeght fréquentent, rencontrent, croisent la plupart des peintres reclus sur la Côte d'Azur. En 1943, les Maeght, sont contraints de quitter Cannes car Aimé imprimait cartes d’identité et tickets de ravitaillement pour un groupe de résistants de Grenoble et Jean Moulin a été arrêté. Ils se replient à Vence dans l’arrière-pays niçois, au-dessus de la propriété d’Henri Matisse.

Jacques Prévert, Pierre Bonnard et Aimé Maeght en 1945.

Autour des Maeght installés à Vence s'est formée une petite communauté qui se fréquente et s’entraide au quotidien : Matisse, Bonnard (qui vit au Cannet), Rouault (qui vit à Grasse), le Hollandais Geer van Velde et le Russe Jean Pougny (à Cannes) puis Picasso (à Vallauris), Tristan Bernard, Thadée Natanson de la Revue Blanche, le poète Pierre Reverdy, le musicien Reynaldo Hahn. Là, en 1944, Aimé Maeght, avec l'aide du jeune poète Jacques Kober, fonde le groupe littéraire Pierre à Feu. À la Libération, Pierre Bonnard et Aimé montent à Paris et décident d'y ouvrir une galerie. Encouragés par Henri Matisse qui se propose pour l’exposition d’ouverture.

C'est ainsi que, sous l’œil protecteur de Bonnard et de Matisse, le 6 décembre 1945, a lieu l’inauguration de la Galerie Maeght avec une exposition de dessins récents de Matisse.

1946 - 1963

Après le chaos de la guerre, Paris se reconstruit, la Galerie Maeght, inaugurée le 6 décembre 1945 avec une exposition de dessins de Matisse, crée l’événement, elle est le lieu de rendez-vous des artistes, des  poètes, des écrivains. Aimé et Marguerite Maeght ont le talent de réunir autour d’eux ceux qui inventent l’époque à venir. Les grands maîtres, Bonnard, Matisse et Braque affichent leur soutien aux audacieux projets d’Aimé.

La Galerie Maeght, à Paris, en 1947

La deuxième exposition s’intitule « Le noir est une couleur ». On y retrouve des œuvres de Matisse, Bonnard, Braque, Rouault, Manessier, Geer van Velde, Atlan, Chastel. Le premier numéro de la revue Derrière Le Miroir, illustré de six lithographies de Geer van Velde, accompagnées d’un texte du poète Jacques Kober, est publié à cette occasion.

Dès la guerre terminée, Aimé s’embarque pour New York à la rencontre de Marcel Duchamp à qui il propose d’organiser une exposition sur le Surréalisme. Sous l’égide d’André Breton, Aimé réussit à regrouper à la Galerie Maeght, pour la dernière fois, tous les principaux acteurs du mouvement artistique majeur. La galerie devient le théâtre des installations des plus extravagantes. Le scandale provoqué par une femme nue et un crucifix détourné déclenche les foudres de la presse mais assure un retentissement bien au delà des frontières. Six expositions ont lieu en 1947 dont « Sur 4 murs », qui montre des toiles de Braque, Léger, Bonnard, Matisse, Rouault mais aussi de Picasso et de Gris.

Exposition Le Surréalisme en 1947, exposition à la Galerie Maeght

Tout autant pour affirmer et partager ses choix et ses exigences artistiques et esthétiques que pour initier le public, Aimé Maeght n’hésite pas à organiser, dans sa galerie, des expositions dignes des meilleurs musées : Les premiers maîtres de l’art abstrait ou six expositions des chefs-d’œuvre russes… Les expositions collectives permettent la révélation et l’entrée à la Galerie de nouveaux artistes. Parmi ceux-là, Joan Miró, Alberto Giacometti, Ellsworth Kelly, Roger de La Fresnaye, Marc Chagall, Hans Arp, Pierre Tal-Coat, Pablo Palazuelo, Saül Steinberg, Jean Bazaine, Alexander Calder… Chaque exposition est l’occasion de l’édition d’un numéro de Derrière Le Miroir, avec de prestigieuses signatures : René Char, Paul Eluard, Samuel Beckett, Francis Ponge, George Limbour, Raymond Queneau, Louis Aragon, André Frénaud, Jacques Prévert, Michel Leiris, James Sweeney, Pierre Reverdy, Gaston Bachelard, Marcel Arland, André du Bouchet, Jean-Paul Sartre…

Aimé n’a jamais oublié son premier métier, imprimeur. Si la Galerie Maeght est devenue à la fois une galerie de grands maîtres modernes et de jeunes talents, c'est aussi une importante maison d’édition dont toutes les publications sont réalisées dans l'atelier qu'Aimé a ouvert à Levallois : ouvrages de bibliophilie, catalogues, affiches, lithographies et gravures originales…

En 1953, une tragédie vient troubler cette réussite. Bernard, le fils cadet de Marguerite et Aimé, est emporté par une leucémie à l’âge de douze ans. Le couple se retire alors à Saint-Paul-de-Vence où l’affection et la présence des artistes, leur seconde famille, les aident à surmonter leur chagrin.

Georges Braque et Fernand Léger, épaulés par André Malraux, suggèrent à Marguerite et Aimé Maeght de se lancer dans une nouvelle entreprise. Une folie : la création, ex-nihilo, d’un lieu d’un type tout à fait nouveau. Marguerite et Aimé Maeght entreprennent un voyage aux États-Unis. L’idée de Braque et de Malraux de créer un lieu public fait son chemin.

En 1955, ils visitent les fondations américaines : Barnes, Phillips, Guggenheim. Peu à peu se précise l’envie de créer un endroit où rassembler leur collection et où leurs amis artistes pourraient travailler et échanger. Aimé veut retrouver la lumière qui éclairait les œuvres de Picasso, Miró et Calder du pavillon espagnol de l’exposition universelle de 1937, à Paris, dessiné par Josep Lluis Sert, il se rend alors à Harvard pour y rencontrer l’architecte catalan qui développe les théories d’une nouvelle architecture méditerranéenne. Ensemble, ils tracent les grandes lignes d'une « galerie idéale », ils écartent l'idée d’un musée confiné, au parcours imposé.

Aimé Maeght fait appel aux artistes, il veut connaître leurs besoins, leurs désirs. Les travaux débutent le 5 septembre 1960. Les artistes se rendent régulièrement sur le chantier. Les bâtiments sortent de terre, ils épousent la déclivité du sol évitant ainsi toute monotonie. Le plus grand désir d'Aimé s’accomplit en réalisant un site tout à la fois, musée, centre de création et de rencontres, où toutes les formes d’art s’y retrouvent. Aimé Maeght offre aux artistes les meilleurs outils de création et de diffusion de leur art. Il met à leur disposition ses galeries, son imprimerie, sa maison d’édition, ses magazines et revues et enfin sa Fondation.

Sans aucun soutien de l’Etat, les Maeght fiancent intégralement leur projet. Il s'agit du premier édifice, en France, pensé et construit pour accueillir de l'art contemporain. Auparavant les musées et centres d'art investissaient d'anciens bâtiments inutilisés, comme c'est le cas pour le Jeu de Paume, l'Orangerie, le Grand Palais ou le Musée d'Art Moderne de la ville de Paris. Quatre années sont nécessaires à la construction de l’ensemble constituant ce qui deviendra la Fondation Marguerite et Aimé Maeght.

1964 - 1981

Le soir du 28 juillet 1964, André Malraux, alors secrétaire d’Etat à la Culture reçoit des mains des petites-filles de Marguerite et Aimé Maeght, les clés de la Fondation qui vient d’être reconnue d’utilité publique. Son discours livre une vision parfaite de ce nouveau site qui révolutionne le paysage artistique français.

Aimé Maeght, Florence, Yoyo et Marguerite Maeght et André Malraux, 1964.

"(…) Madame Monsieur, je voudrais essayer de bien préciser au-delà de tous les services que vous avez rendus au pays par votre vie entière – car tout ceci est la fin d’une vie, non pas une sorte d’accident - je voudrais essayer de préciser en quoi ceci me paraît tout autre chose qu’une fondation et, si vous le permettez, en quoi cette soirée a peut-être un caractère historique (…) Vous venez de tenter ici, par le fait que vous avez tenté de résumer probablement la suite des amours d’une vie, par le fait que les peintres qui sont là se trouvent être tous, à quelque degré, ou bien des poètes ou bien des hommes qui expriment puissamment la poésie de notre temps, vous avez tenté de faire quelque chose qui n’est en aucune façon un palais, en aucune façon un lieu de décor et, disons-le tout de suite, parce que le malentendu va croître et embellir, en aucune façon un musée. Ceci n’est pas un musée.

Lorsque nous regardions tout à l’heure le morceau de jardin où sont les Miró, il se passait la même chose que lorsque nous regardions la salle où étaient les Chagall. Ces petites cornes que Miró réinvente avec leur incroyable puissance onirique sont en train de créer dans votre jardin avec la nature au sens des arbres, un rapport qui n’a jamais été créé.

Quand nous parlons de fondation, la plus célèbre américaine, c’est-à-dire Barnes, si elle était ici, elle n’aurait aucun rapport avec ce que vous avez fait, elle serait en arrière de cinquante ans, car admirable comme elle est, elle est un musée. Mais, ici, est tenté, avec un résultat que nous n’avons pas à juger et qui appartient à la postérité, est tenté quelque chose qu’on n’a jamais tenté : créer l’univers, créer instinctivement et par l’amour l’univers dans lequel l’art moderne pourrait trouver à la fois sa place et cet arrière-monde qui s’est appelé jadis le surnaturel.

Ceci est à peine fini et nous sommes sur le silence qui succède au dernier coup de marteau. Je pense à Shakespeare : « C’est par une nuit pareille, Jessica… » Bien. C’est par une nuit pareille qu’on écouta le silence qui succédait au dernier marteau qui avait fait le Parthénon, c’est par une nuit pareille que Michel-Ange écoutait les derniers marteaux qui construisaient Saint-Pierre.

Madame, Monsieur, je lève mon verre à celui qui, plus tard, lorsque au lieu qui fut Paris s’inclineront les gens murmurants et penchés, ayant écrit « ici la peinture poussa entre les pavés » viendra ici et dira « ce rapport qui est maintenant notre rapport avec la vie et qui est né de la peinture, il est peut-être obscurément né cette nuit. » Et lorsque ceci n’existera plus, alors l’homme auquel je lève mon verre fera une petite inscription « il s’est peut-être passé ici quelque chose de l’esprit."

Aimé répond en remerciant son épouse, Marguerite : "Elle a toujours été la compagne des bons et des mauvais jours. Les rapports qu’elle a eus avec les artistes m’ont beaucoup aidé, elle m’a toujours secondé. Je trouve logique que la Fondation porte autant son nom que le mien."

L’inauguration se poursuit par un dîner dans la cour centrale peuplée de sculpture de Giacometti. Tous les artistes Maeght sont présents parmi les poètes, les cinéastes, les comédiens, les hommes politiques et les ouvriers du chantier…  La télé et les radios captent les impressions des uns et des autres. Chagall confie : Je suis très ému et je sens que quelque chose de fantastique se produit ce soir. Ce n’est pas un musée, c’est autre chose et seul Maeght pouvait faire cela. Je suis content que figurent ici mes tableaux.

Yves Montand à la Fondation Maeght le 28 juillet 1964.

La soirée, sous les étoiles, s’achève par un tour de chant où Yves Montand interprète une chanson de Prévert, « Dans ma maison ». Ella Fitzgerald, dans sa robe de mousseline, charme et séduit l’auditoire. Déjà, Aimé Maeght mêle toutes les expressions artistiques. Cette nuit-là, la Fondation Marguerite et Aimé Maeght devient la première place consacré à l’Art vivant.

Duke Ellington et Aimé Maeght à la Fondation Maeght en 1966.

Dès 1965, Aimé Maeght organise les « Nuits de la Fondation Maeght », grand rendez-vous de la musique et de la danse contemporaines. Aimé dispose enfin de son outil idéal pour présenter la création contemporaine sous toutes ses formes.

Avec Marguerite, ils dotent la Fondation Maeght d’une collection exceptionnelle comptant plusieurs milliers d’œuvres. Ils ne cesseront d’enrichir ce fonds. Aimé souhaite que le public découvre les nouvelles tendances de l’art vivant sans oublier les fondements de l’art moderne.

De 1964 à 1981, chaque année à la Fondation Maeght se succèdent trois à cinq expositions, accompagnées d’un catalogue, ce qui dans les années 1960 est inhabituel. En 1972, à la suite de l’exposition A la rencontre de Pierre Reverdy est créé le Comité Pierre Reverdy, chargé de faire rayonner l’œuvre et la mémoire du poète. Pour la première fois, un président de la République française se rend en visite officielle à la Fondation. Georges Pompidou y admire l’exposition Nicolas de Staël. Les Maeght et les Pompidou évoquent le projet d’un grand centre d’art à Paris… le Centre Georges Pompidou verra le jour à Paris en 1977, soit treize années après l'ouverture de la Fondation Marguerite et Aimé Maeght. Il est directement inspiré du modèle de la Fondation Maeght qui réunit dans un bâtiment contemporain conçu spécifiquement, collections permanentes d'art moderne et d'art contemporain, expositions temporaires, bibliothèque, musique avec l'IRCAM, résidences et ateliers d'artistes.

Francis Bacon qui exposait à la Galerie Maeght, en visite à Saint Paul de Vence devant L'Homme qui marche d'Alberto Giacometti, dans la cour de la Fondation Maeght.

En 1964, quelques mois avant l’ouverture de la Fondation Maeght, s'ouvre l’Imprimerie ARTE (Art et Techniques graphiques), à Paris. Dès lors tout document Maeght sortira des presses ARTE (Catalogues, Derrière Le Miroir, livres, magazines et revues, gravures, estampes, affiches, cartes postales et reproductions). Pour la première fois un atelier regroupe toutes les techniques, de la plus traditionnelle à la plus sophistiquée et d’avant-garde. Dans cette « imprimerie-laboratoire », selon l’expression d’Aimé, tous les procédés et les cent ouvriers techniciens, sont au service de l’art vivant. Les artistes de l'équipe d'Aimé Maeght y séjournent régulièrement : Joan Miró y a un atelier dédié, Bran van Velde sillonne les voies de la transparence des encres lithographiques. Calder y passe de longues heures ; pour y retrouver la liberté de ses mobiles, il découpe des formes en métal qui sont soudées aux plaques d’imprimerie afin d'être encrées et passées sous presse. Chillida poursuit des séries d’année en année, gravant et regravant le dessin de sa main de sculpteur. Rebeyrolle, Riopelle, Ubac, Tal Coat, Tàpies, Kelly, Bury… tous y créent des lithographies et gravures originales. De 1936 à 1981 environ 12.000 titres de gravures, lithographies et autres estampes originales sont éditées, totalisant 600.000 œuvres. Aimé Maeght est ainsi le plus prolixe éditeur d’œuvres originales au monde.

Maeght devient le plus important éditeur de livres de bibliophile réunissant des créations originales d'artistes et textes ou poèmes inédits d'écrivains. Dans les divers ouvrages édités, le verbe se confronte à la ligne de l’artiste, parfois la révèle, ou est révélé par elle. Il ne s’agit pas simplement d’illustrations qui accompagnent un texte mais bien d’une expérience commune.

A partir de 1969, Aimé Maeght produit aussi des films consacrés aux « artistes Maeght ». Il demande à des cinéastes de découvrir et de révéler, une partie du mystère de l’artiste au travail, dans l’intimité de l’atelier. Sous l’objectif de la caméra de Clovis Prévost, Miró exécute une lithographie originale ; le photographe Catala Roca accompagne le maître espagnol à Osaka pour fixer la naissance d’une céramique murale ; Ernst Scheidegger, le compagnon de jeunesse d’Alberto Giacometti et grand reporter à Magnum, amène le sculpteur à révéler les arcanes de son art. Chagall, Calder, Tàpies, Adami, Bury, Artigas, Chillida et même le discret Ubac s’enthousiasment pour ce nouveau moyen de diffusion, non seulement de leur œuvre, mais aussi de leur volonté et de leur pensée.

Aimé Maeght avec son berger allemand et Le Chien, bronze par Alberto Giacometti.

En 1973, la Galerie Maeght fait partie des 500 premiers exportateurs français. Chaque année, en dehors des expositions se déroulant dans ses locaux, elle en organise plus de 50 à l’étranger. Ainsi, à peine un nouvel artiste expose t-il chez Maeght, que son travail est présenté au travers d’expositions itinérantes, financées par Maeght jusque dans la production du catalogue.

En 1974, la Fondation est un succès depuis dix ans. Aimé Maeght, âgé de 68 ans, aurait pu prendre sa retraite, ce n’est pas dans son tempérament, il lance de nouveaux projets. Barcelone est choisie pour accueillir une galerie satellite en 1974, La galerie Maeght de Barcelone, installée dans un palais du quartier gothique joue un rôle d’initiateur. A l’exemple de la rétrospective Chillida que le Carnegie Institute de Pittsburgh, le Guggenheim de New York et le Palacio de Cristal de Madrid accueilleront à la suite de la Galerie. Tout comme la Galerie Maeght suisse de Zurich, elle a aussi sa propre programmation et montre de nouveaux artistes : Saura, Taulé, Richard Hamilton…

Rien ne résistait au travailleur acharné qu'était Aimé Maeght, il savait et aimait bâtir et pour cela, s'est toujours entouré de collaborateurs enthousiastes et compétents. Et il ne se décourageait jamais.

Aimé et Marguerite Maeght, dans le jardin d'entrée de la Fondation Maeght, devant un Calder monumental.

Marguerite Maeght meurt le 31 juillet 1977, quelques jours avant ses 68 Ans. Elle est inhumée près de son fils Bernard pour lequel Alberto Giacometti avait conçu la sépulture dans le petit cimetière de Saint-Paul. Et c’est sous le même cyprès que repose Aimé Maeght, qui meurt quatre ans plus tard, le 5 septembre1981 à seulement 75 ans.

La Saga Maeght par Yoyo Maeght

Le livre La Saga Maeght par Yoyo Maeght, avec dédicace. Lien ici