.Prévert, l’enchanteur

Jacques Prévert. Collage réalisé avec l’affiche de la première exposition de Jacques Prévert à la Galerie Maeght rue du Bac en 1956.
Jacques Prévert. Collage réalisé avec l’affiche de la première exposition de Jacques Prévert à la Galerie Maeght rue du Bac en 1956.

Quand les enfants sont sages, on leur donne des images. Prévert figurait LE poète, le poète de la vie tout simplement. Son occupation favorite ? Passer son temps à percer les mystères du quotidien.

Prévert, c’est un enfant, un enfant gai et heureux en toutes circonstances, enfant qu’il est resté jusqu’à la fin. Il adore le cirque et le théâtre où l’emmène son père. Ces goûts ne le quitteront jamais. Toute sa vie, il restera cet enfant aux yeux écarquillés. Il habite sur les toits du Moulin Rouge, quoi de mieux pour un poète ? Il écrit pour le Groupe Octobre et pour les enfants. Et des scénarios et des dialogues avec son frère Pierre. Pas les moindres : « Quai des brumes », « Les enfants du Paradis », « Les visiteurs du soir », des chansons « Barbara », « Les feuilles mortes »… Que des chefs d’œuvres.

Jacques Prévert, Ogre-vœux 1970, 1969, collage sur papier, 37x28 cm.
Jacques Prévert, collage pour les petites Maeght, 1970, 1969, collage sur papier, 37x28 cm.

Quand il assemble des mots, ça ne ressemble à nul autre. Tout cela ne lui suffit pas, bien sûr, il découpe, et colle des chromos sur des photographies. Et quand il assemble des images, ça ne ressemble à nul autre. Si, à du Prévert. Les mots, les images et, avant tout, le sens de l’amitié. Braque, Miró, Picasso, Calder, Doisneau, Topor…

Ses collages seront exposés pour la première fois à a Galerie Maeght en 1956, pour l'exposition inaugurale de la galerie de la rive gauche.

Vernissage de l’exposition des collages de Jacques Prévert à la nouvelle galerie Maeght créée par Paule et Adrien Maeght, 1956.
Vernissage de l’exposition des collages de Jacques Prévert à la nouvelle galerie Maeght créée par Paule et Adrien Maeght, 1956.
Jacques Prévert dédicace le catalogue.
Jacques Prévert dédicace le catalogue de ses collages.
Alberto Giacometti  et Jacques Prévert  en 1956 à la Galerie Maeght rue du Bac.
Alberto Giacometti  et Jacques Prévert  en 1956 à la Galerie Maeght rue du Bac.

À Saint-Paul, La Colombe d’Or, réunit une nouvelle famille, une famille idéale, où se retrouvent artistes, écrivains, comédiens, chanteurs, cinéastes… Et même des stars hollywoodiennes. Et tous s’épuisent en rires et en conversations jusqu’au bout de la nuit. Prévert est là, parfois il mène la danse et l’après-midi, il est déjà sous les platanes de la place à jouer à la pétanque un verre à la main, et une cigarette accrochée aux lèvres.


Une amitié indéfectible se partage avec les enfants de Paule et Adrien Maeght. Le soir, il vient leur raconter, avec tendresse et humour, des histoires effrayantes peuplées de monstres et de gorgones. C’est pour cela que les petites Florence et Yoyo le surnomment « l’ogre ».

Joan Miró, Virginia Chagall, Aimé Maeght, André Verdet, Marc Chagall, Jacques Prévert, La Colombe d’Or, Saint-Paul, 1953.
Joan Miró, Virginia Chagall, Aimé Maeght, André Verdet, Marc Chagall, Jacques Prévert, La Colombe d’Or, Saint-Paul, 1953.
 Photo dédicacée par Jacques Prévert à Robert Doisneau.
Photo dédicacée par Jacques Prévert à Robert Doisneau.
"Adonides" Les poèmes de Jacques Prévert sublimés par les gravures flamboyantes de Joan Miró.
Le grand livre illustré préféré de Yoyo Maeght.
A son mariage, a été lu ce poème :
"Je suis heureuse
Il m’a dit hier
qu’il m’aimait
Je suis heureuse et fière
et libre comme le jour
Il n’a pas ajouté
que c’était pour toujours."
Adonides  de Jacques Prévert illustrations de Joan Miro Maeght Éditeur, Paris, 1975.

Edité en 1975 par Aimé Maeght, Miró et Prévert avaient, bien sûr, participé ensemble, et avec d’autres, aux revues “Pierre à Feu” et “Derrière Le Miroir”, éditées par Maeght, mais n’avaient jamais fait de livre en commun. La collaboration fut totale, car lors d’un premier essai pour lequel Miró propose une maquette-collage complètement aboutie, Prévert la désapprouve. Fort de ce refus et humble face à la critique, Miró se remet au travail et a l’idée d’imprimer en relief, sans encrage, les cuivres gravés en 1947.

 

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