Matisse - Jazz

« Le papier découpé me permet de dessiner dans la couleur. Il s’agit pour moi d’une simplification. Au lieu de dessiner le contour et d’y installer la couleur – l’un modifiant l’autre -, je dessine directement dans la couleur, qui est d’autant plus mesurée qu’elle n’est pas composée. Cette simplification garantit une précision dans la réunion des deux moyens, qui ne font plus qu’un. » Henri Matisse

Publié en septembre 1947, mais élaboré dès 1943, Jazz (maquettes et livre) est un moment-clé dans l’évolution de Matisse, c’est l’espace expérimental, le laboratoire qui lui permet de passer de la peinture à la pratique du papier découpé qu’il développera pendant la dernière décade de sa vie.

L'éditeur Tériade avait suggéré à Matisse dès l’été 1941 la publication d’un livre en couleur et même celle d’un “ manuscrit à peintures moderne ”. Il pensait dès cette époque à l’utilisation des aplats colorés à la gouache que Matisse avait commencé à mettre au point, jusqu’alors seulement pour des projets ponctuels, couvertures pour Cahiers d’Art et pour Verve notamment. Matisse ne commence à travailler effectivement sur les maquettes que début 1943. Les premières réalisées sont Le Clown et Le Toboggan (qui deviendront respectivement la première et la dernière planche du livre) sur le thème du Cirque qui était le titre primitif choisi par Matisse avant qu’il ne retienne le mot Jazz, mieux accordé au caractère vif et syncopé des découpages colorés. La réalisation des planches se poursuit pendant l’année 1943, et le début de 1944 alors qu'il est installé à Vence dans la ville Le rêve.

Le 5 août 19443, Matisse énumère à Tériade dix-huit maquettes, les planches sont donc presque achevées (à l’exception de deux Lagons).

En 1946, Matisse achève la maquette de son “ livre-fleur ”, Jazz – composé de vingt planches en couleurs, exécutées en gouaches découpées entre fin juin 1943 et 1944, et de pages d’écriture –, qui sera publié par Tériade en 1947. Ce premier ensemble utilisant systématiquement et uniquement la technique de la gouache découpée “ à vif ” dans la couleur va constituer la matrice de son œuvre ultérieur, jusqu’à sa mort en 1954.

 

 
 
 
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